Cannabis strain
Le mot « strain » est sur toutes les lèvres dans l'univers du cannabis, mais que cache-t-il vraiment ? Entre marketing flamboyant et botanique sérieuse, l'histoire des variétés de cannabis mérite qu'on s'y attarde sans idées reçues.
Qu'est-ce qu'une « strain » de cannabis, au juste ?
Le terme anglais strain — qu'on pourrait traduire par « souche » ou « variété » — désigne une lignée végétale aux caractéristiques génétiques relativement stables et reproductibles. Dans le monde du cannabis, il s'applique aux plantes du genre *Cannabis sativa* L., la dénomination taxonomique officielle qui regroupe l'ensemble de l'espèce.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'existe pas de définition scientifique universelle et figée du terme « strain » en botanique. C'est davantage un usage populaire et commercial, hérité du monde de l'horticulture et amplifié par des décennies de sélection clandestine ou légale. Un terme plus rigoureux serait cultivar (contraction de *cultivated variety*), que les botanistes et les producteurs professionnels commencent d'ailleurs à adopter davantage.
Ce qu'on appelle communément une strain, c'est donc une plante sélectionnée et multipliée pour ses traits distinctifs : morphologie, arômes, profil en cannabinoïdes, teneur en terpènes, durée de floraison, etc.
Sativa, Indica, Ruderalis : les grandes familles
La classification populaire divise généralement le cannabis en trois grandes sous-catégories, dont les frontières sont en réalité beaucoup plus floues qu'il n'y paraît.
*Cannabis sativa*
Les plantes dites « sativa » sont originaires de régions proches de l'équateur (Amérique centrale, Asie du Sud-Est, Afrique). Elles se caractérisent typiquement par :
- Une croissance élancée et de grande taille
- Des feuilles longues et fines
- Un cycle de floraison relativement long
*Cannabis indica*
Les plantes « indica » trouvent leurs origines dans les régions montagneuses d'Asie centrale (Afghanistan, Pakistan, Inde du Nord). Leur profil botanique diffère nettement :
- Port trapu et compact
- Feuilles larges et épaisses
- Floraison plus rapide
*Cannabis ruderalis*
Moins connue du grand public, cette sous-série est originaire d'Europe de l'Est et d'Asie centrale. Sa particularité majeure : la floraison automatique, déclenchée non pas par la photopériode (la durée d'ensoleillement) mais par l'âge de la plante. C'est cette caractéristique que les sélectionneurs ont intégré dans les variétés dites autofloraison, très prisées pour leur facilité de culture.
Il faut cependant noter que la taxonomie du cannabis fait débat parmi les scientifiques. Beaucoup considèrent aujourd'hui que *sativa*, *indica* et *ruderalis* ne constituent pas trois espèces distinctes mais des écotypes ou des variétés d'une même espèce, *Cannabis sativa* L.
Pures ou hybrides : la grande mosaïque génétique
Historiquement, certaines lignées cultivées dans des régions isolées pendant des générations ont développé des caractères génétiques stables et homogènes. On les appelle landrace strains — littéralement les variétés « du terroir ». Parmi les exemples les plus cités : la Durban Poison (Afrique du Sud), l'Afghani, ou la Thai.
Mais la réalité du marché actuel est tout autre. La grande majorité des variétés disponibles aujourd'hui sont des hybrides, issus de croisements répétés entre lignées sativa et indica, parfois avec une part de ruderalis. Decades de sélection clandestine, puis légale dans certains pays, ont produit une mosaïque génétique extraordinairement complexe.
Un hybride peut être :
- Équilibré (50/50 sativa/indica)
- À dominante sativa ou à dominante indica, selon les apports génétiques majoritaires
- Autofloraison, s'il intègre des gènes ruderalis
Cette hybridation intensive rend la classification sativa/indica de plus en plus discutable sur le plan scientifique, même si elle reste omniprésente dans la communication commerciale.
Le profil chimique : terpènes et cannabinoïdes, les vrais marqueurs
Si la distinction sativa/indica est surtout morphologique et commerciale, ce qui différencie réellement les strains au niveau chimique, c'est leur profil en phytocannabinoïdes et surtout en terpènes.
Les cannabinoïdes principaux (THC, CBD, CBG, CBN…) varient considérablement d'une variété à l'autre selon la génétique et les conditions de culture. Mais les terpènes — ces composés aromatiques qui donnent à chaque strain son odeur et sa saveur distinctive — font l'objet d'un intérêt scientifique croissant. Le myrcène, le limonène, le linalol, le bêta-caryophyllène sont parmi les terpènes les plus étudiés dans la plante.
Des chercheurs explorent l'idée que c'est ce profil chimique global — parfois appelé « entourage effect » dans la littérature scientifique, sans que des conclusions définitives soient établies — qui caractériserait le mieux une variété, plutôt que son appartenance à une catégorie sativa ou indica.
Les strains de CBD : une catégorie à part entière
Depuis la légalisation du cannabis à faible teneur en THC dans de nombreux pays européens, dont la France, une nouvelle catégorie de strains s'est développée : les variétés riches en CBD (cannabidiol) et naturellement très basses en THC (≤ 0,3 % en France).
Ces variétés — souvent issues de croisements avec des cultivars industriels de chanvre — ont été sélectionnées pour inverser le rapport THC/CBD habituel. Elles présentent une diversité croissante d'arômes et de profils chimiques, et font l'objet de recherches dans plusieurs domaines scientifiques. Leur statut légal repose strictement sur leur teneur en THC, pas sur leur dénomination botanique.
En bref
- Une strain de cannabis est une lignée végétale aux caractéristiques génétiques stabilisées, plus rigoureusement appelée cultivar en botanique.
- La classification populaire en *sativa*, *indica* et *ruderalis* recouvre une réalité génétique bien plus complexe : la quasi-totalité des variétés actuelles sont des hybrides.
- Le vrai marqueur distinctif entre variétés réside dans leur profil chimique (terpènes, cannabinoïdes), davantage que dans leur étiquette sativa/indica.
- Les variétés riches en CBD et conformes au cadre légal (≤ 0,3 % THC) constituent aujourd'hui une catégorie à part entière, en pleine expansion.
Source
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Article rédigé par Weedypedia à partir de sources ouvertes, traduites et synthétisées. Contenu éducatif et de réduction des risques, sans allégation thérapeutique.