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Tetrahydrocannabiphorol — schéma Weedypedia
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Tetrahydrocannabiphorol

Le THCP, isolé pour la première fois en 2019, est peut-être le cannabinoïde naturel le plus puissant jamais découvert dans le cannabis. Mais que sait-on vraiment de cette molécule encore mal connue du grand public ? Plongée dans la science d'un composé qui fascine autant qu'il interroge.

Une découverte qui a secoué le monde de la recherche cannabinoïde

Décembre 2019. Une équipe de chercheurs italiens publie dans la revue *Scientific Reports* un article qui va faire beaucoup de bruit : ils viennent d'isoler, pour la première fois, le tétrahydrocannabiphorol, ou THCP, directement depuis une variété de *Cannabis sativa*. Jusque-là, ce composé n'était connu que sous forme synthétique, fabriqué en laboratoire à des fins de recherche.

Ce qui rend cette découverte particulièrement marquante, c'est la méthode utilisée : une combinaison de chromatographie liquide haute performance (HPLC) et de spectrométrie de masse, des outils d'analyse moléculaire de précision. L'équipe, menée par le Dr Giuseppe Cannazza de l'Université de Modène, a mis en évidence que le THCP est bien un phytocannabinoïde naturel, présent certes en très faibles concentrations dans la plante, mais bel et bien là.

La surprise ? Sa structure chimique, légèrement différente du THC classique (le Δ9-tétrahydrocannabinol), lui conférerait une affinité théoriquement beaucoup plus forte pour les récepteurs cannabinoïdes du corps humain.

Zoom sur la structure : qu'est-ce qui rend le THCP si particulier ?

Pour comprendre le THCP, il faut faire un petit détour par la chimie organique — promis, on reste accessibles.

Le THC que tout le monde connaît possède une chaîne alkyle (une chaîne d'atomes de carbone) à 5 carbones, accrochée à son noyau central. Le THCP, lui, possède une chaîne à 7 carbones. Deux atomes de carbone supplémentaires, ça peut sembler anecdotique. En réalité, cette différence structurelle change considérablement la façon dont la molécule interagit avec les récepteurs cannabinoïdes.

Le système endocannabinoïde en arrière-plan

Le corps humain dispose d'un réseau de récepteurs appelé système endocannabinoïde, composé notamment des récepteurs CB1 (principalement dans le cerveau et le système nerveux central) et CB2 (présents surtout dans le système immunitaire). Le THC classique se fixe sur ces récepteurs, et c'est ce qui produit ses effets caractéristiques.

Selon les données publiées dans l'étude de 2019, le THCP afficherait une affinité pour le récepteur CB1 environ 33 fois supérieure à celle du THC, et une affinité pour CB2 environ 5 à 10 fois supérieure. Ces chiffres, obtenus *in vitro* (en éprouvette), sont spectaculaires — mais ils doivent être interprétés avec beaucoup de prudence, comme nous le verrons.

Ce que la science dit (et ne dit pas encore)

C'est ici qu'il faut mettre les pieds sur terre. Les données disponibles sur le THCP sont encore très limitées :

  • Les études réalisées à ce jour sont principalement des expériences *in vitro* ou sur modèles animaux.
  • Aucun essai clinique sur l'humain n'a été publié à ce jour concernant le THCP isolé.
  • Les concentrations naturelles dans le cannabis sont extrêmement faibles — probablement insuffisantes pour produire un effet significatif à elles seules dans une plante non sélectionnée pour ce composé.
  • Une forte affinité pour un récepteur *in vitro* ne préjuge pas de l'effet réel chez l'être humain : la pharmacocinétique (absorption, distribution, métabolisme) entre en jeu.

En d'autres termes : le THCP est une molécule dont le profil pharmacologique est étudié avec grand intérêt, mais dont les effets concrets chez l'humain restent largement à documenter. Affirmer quoi que ce soit de définitif serait contraire à la rigueur scientifique.

THCP, CBD et THC : la famille des cannabinoïdes s'agrandit

Le THCP appartient à la grande famille des phytocannabinoïdes, ces molécules produites naturellement par *Cannabis sativa*. On en dénombre aujourd'hui plus de 150, dont les plus connus sont le THC et le cannabidiol (CBD).

Il est souvent présenté comme un homologue du THC — c'est-à-dire une molécule de même famille chimique, avec une variation dans la longueur de chaîne. De la même façon, il existe un CBDP (cannabidiphorol), homologue à 7 carbones du CBD, découvert dans la même étude de 2019.

Cette prolifération de cannabinoïdes identifiés ces dernières années illustre un phénomène plus large : la recherche sur le cannabis a longtemps été entravée par son statut légal dans de nombreux pays, et nous sommes encore au début de la compréhension de la chimie complexe de cette plante. Chaque nouvelle molécule isolée est une pièce supplémentaire d'un puzzle encore loin d'être complet.

Statut légal et enjeux de société

En France, le THCP se situe dans une zone juridique délicate. Le cannabis (et ses dérivés contenant du THC) est classé comme stupéfiant, soumis au Code de la santé publique. Le THCP, en tant que dérivé structurel du THC et agoniste des récepteurs CB1 et CB2, tombe très probablement sous le coup de la même réglementation — même si les textes n'en font pas toujours mention explicitement.

Du côté du marché du CBD (légal en France si ≤ 0,3 % de THC), des produits contenant des cannabinoïdes dits "alternatifs" ont émergé, parfois dans des zones grises réglementaires. Il est essentiel pour les consommateurs de :

  • Vérifier la composition exacte des produits achetés
  • S'assurer de la légalité des substances présentes selon la législation en vigueur
  • Consulter les autorités compétentes (ANSM en France) pour toute question réglementaire

En bref

  • Le THCP (tétrahydrocannabiphorol) est un phytocannabinoïde naturel découvert en 2019 dans *Cannabis sativa*, présent en très faibles concentrations.
  • Sa chaîne alkyle à 7 carbones (contre 5 pour le THC) lui confère une affinité *in vitro* bien supérieure pour les récepteurs CB1 et CB2, mais les données humaines font encore largement défaut.
  • La recherche sur cette molécule est prometteuse pour la compréhension du système endocannabinoïde, mais reste à ses premiers stades scientifiques.
  • Sur le plan légal en France, le THCP est vraisemblablement soumis aux mêmes restrictions que le THC : prudence et vérification sont de mise.

Source

Rédigé à partir de : CC BY-SA 4.0 — cité, consultation interne.

Article rédigé par Weedypedia à partir de sources ouvertes, traduites et synthétisées. Contenu éducatif et de réduction des risques, sans allégation thérapeutique.